Matar Diène
Directeur général d'EMITTRANS
Président du mouvement Initiative Citoyenne
pour le Développement du Sénégal

Il aurait pu se contenter de ce qu'il a bâti. Une entreprise qui tourne, une équipe qui vit de son travail, une distinction nationale, une famille. Matar Diène a choisi autre chose : rendre à Yoff ce que Yoff lui a donné.
Un enfant de Yoff, rien de plus.
Matar Diène naît à Dakar le 10 octobre 1975, dans une famille installée à Yoff depuis toujours. Aucune fortune derrière lui, aucun nom pour ouvrir les portes. Simplement une commune de pêcheurs, une famille, et un garçon à qui les maîtres confient très tôt les clés de la classe : responsable dès le CM2, puis de tout son niveau de la sixième à la troisième.
Aujourd'hui encore, il vote dans l'école qui porte le nom de son grand-père, Tafsir Ndiaga Gueye. À Yoff, on ne lui demande pas d'où il vient : on le sait.

Ce qu'il a, il l'a construit.
Après le bac, il se forme à la gestion à l'Institut Privé de Gestion et décroche son diplôme de déclarant en douane. Il commence en bas de l'échelle, à l'aéroport de Dakar, au sein de plusieurs sociétés aéroportuaires. Neuf années à apprendre un métier exigeant, dossier après dossier.
En 2009, il s'installe à son propre compte au Port Autonome de Dakar. En 2015, il franchit le pas que peu osent : il crée sa propre structure agréée en douane, EMITTRANS — Élite Managériale de l'Immobilier, du Transit et du Transport. Transit, dédouanement, transport aérien, maritime et terrestre, immobilier. Neuf personnes vivent aujourd'hui de cette entreprise.
En 2018, une grave crise de trésorerie manque de tout emporter. Il ne dépose pas le bilan : il rembourse, redresse, tient. Cinq ans plus tard, l'entreprise est debout. C'est cette expérience-là — diriger des femmes et des hommes, encaisser les coups, rendre des comptes — qu'il veut mettre au service de sa commune.

2016 : le Sénégal des entreprises le désigne « Leader du Futur ».
Cette année-là, le Mouvement des Entreprises du Sénégal lui remet le Cauris d'Or du Leader du Futur, sur décision d'un jury international. Devant la salle, le présentateur décrit un homme discret, « doté d'un sens élevé de l'ordre et de l'organisation », dont le viatique est « le travail bien et vite fait », et qui inspire confiance par son calme. Un homme, dit-il, « sur qui compter ».
Sur scène, Matar Diène ne parle ni de lui ni de son entreprise. Il remercie, sobrement : c'est sa première nomination, elle récompense quinze années de travail, et surtout elle reconnaît que son équipe apporte « sa contribution au développement de notre cher Sénégal ». Il la dédie à sa famille, à ses amis, à ses collègues, et à tous ceux qui ont cru en lui.

Il n'a pas attendu la politique pour aider.
C'est le point que ses proches mettent toujours en avant : bien avant qu'il ne soit question de mairie, de campagne ou de bulletin de vote, Matar Diène aidait déjà. En silence, sans caméra, et sans rien demander en retour.
Pendant quatre ans, il a soutenu l'équipe de football de son quartier — le genre de coup de main qui ne fait la une nulle part, mais qui permet à des dizaines de jeunes de jouer. Propriétaire d'une pirogue, il accompagne les régates qui font la fierté de Yoff et de ses pêcheurs.
Il finance aussi des formations pour les femmes : à Yoff comme à Bargny, des dizaines d'entre elles ont appris à gérer leurs revenus, à épargner, à investir. Le mot d'ordre de ces journées : « Des femmes fortes, une économie plus forte. » Là encore, l'argent est venu de sa poche, avant qu'un quelconque mouvement n'existe.
On peut faire de la politique parce qu'on cherche une place. Certains la font parce qu'ils faisaient déjà le travail avant d'en avoir le titre.
Le combat des terres, mené pour les familles.
Depuis plusieurs années, des familles lébou de Dakar lui ont confié un combat qu'aucune d'elles n'aurait pu mener seule : faire reconnaître leurs droits sur des terres qui leur échappaient. Les procédures sont longues, coûteuses, et découragent la plupart de ceux qui les engagent.
Matar Diène en a pris la charge. Il porte le dossier, en assume le financement, et se tient devant lorsqu'il faut affronter des intérêts plus puissants. Le combat n'est pas terminé.
C'est peut-être là qu'on comprend le mieux l'homme : il n'avait rien à y gagner personnellement, et tout à y perdre en tranquillité.

2026 : l'engagement d'un homme devient celui de tous.
Le 2 mai 2026, à Yoff, Matar Diène et les membres fondateurs adoptent la charte de l'Initiative Citoyenne pour le Développement du Sénégal — l'ICDS. Une conviction les réunit, et elle tient en une phrase : l'inaction est une trahison.
Le mouvement se donne une devise — « Unir les citoyens, bâtir un Sénégal prospère » — et une méthode empruntée à l'entreprise : écouter avant de décider, préférer les actes aux discours, rendre compte de ce qui est dépensé.
En quelques mois, plus de mille personnes le rejoignent. Jeunes, femmes, entrepreneurs, acteurs communautaires, Sénégalais de la diaspora : l'ICDS est ouverte à tous, sans distinction d'origine, de religion ni de condition. Des antennes ouvriront bientôt dans chaque quartier de Yoff.
Le premier chantier du mouvement : une semaine.
La Place Ndiéw n'est pas une place parmi d'autres. C'est là que Yoff se rassemble, se parle et se retrouve depuis des générations — un lieu mythique, chargé de l'histoire de la commune. Sa tribune s'était dégradée. L'ICDS en a fait son premier grand chantier, et l'a mené de bout en bout en une semaine.
Ce n'est pas un détail : c'est la démonstration d'une méthode. Décider, financer, exécuter, livrer — sans attendre, et sans promesse en l'air.
La charpente montée, les tuiles en cours de pose, les gradins encore en béton brut.
Déjà accompli.
- 2026Éducation financière des femmes de Yoff.
Une trentaine de femmes formées à la gestion de leurs revenus, à l'épargne et à l'investissement, sous le mot d'ordre « Des femmes fortes, une économie plus forte ».
- 2026Même programme pour les femmes de Bargny.
Parce qu'un mouvement citoyen ne s'arrête pas aux limites de sa commune.
- 2026Rénovation de la tribune de la Place Ndiéw.
Le premier grand chantier du mouvement, sur le lieu de rassemblement le plus chargé d'histoire de Yoff. Décidé, financé et livré en une semaine.
- Depuis des annéesSoutien à la jeunesse et aux pêcheurs.
Quatre saisons de parrainage de l'équipe de football du quartier, et un appui constant aux régates de pirogues de Yoff.
Ce qu'il veut pour Dakar.
Dakar ne se gouverne pas depuis un bureau. Elle se comprend rue par rue, commune par commune — et celle que Matar Diène connaît par cœur, c'est Yoff. Un village de pêcheurs devenu une commune de plusieurs dizaines de milliers d'habitants, coincée entre l'océan et l'aéroport, où la mer grignote le rivage, où les jeunes cherchent du travail, et où chaque famille connaît quelqu'un qui part en pirogue le matin. Ce que Yoff vit, la capitale le vit à son échelle.
La charte de l'ICDS fixe les chantiers que Matar Diène veut porter, à Yoff comme dans le reste de Dakar : l'assainissement et le cadre de vie, la protection du littoral, l'appui scolaire et la formation professionnelle, l'accompagnement des jeunes entrepreneurs et des femmes, le sport et la culture, et une gestion publique dont les comptes sont présentés aux habitants.
Il se fixe une limite, et il l'assume : un maire ne décide pas de tout. La pêche, par exemple, relève de l'État. Sur ces sujets-là, son rôle sera de porter la voix des Dakarois jusqu'à ceux qui décident, pas de promettre ce qu'il ne pourrait pas tenir.
C'est probablement la différence la plus nette entre un homme qui a dirigé une entreprise et un homme qui n'a jamais eu à rendre de comptes : le premier sait ce qu'il en coûte de promettre ce qu'on ne peut pas livrer.

« L'inaction est une trahison. »
Le mouvement
Initiative Citoyenne pour le Développement du Sénégal
Fondée à Yoff en mai 2026, l'ICDS réunit déjà plus de mille membres — jeunes, femmes, entrepreneurs, acteurs communautaires, Sénégalais de la diaspora — autour d'une idée simple : unir les citoyens, bâtir un Sénégal prospère.



